vendredi 7 novembre 2014

INDIAN SCOUT

David Morcrette , 
rédacteur du Repaire des Motards nous parle de l'Indian Scout 

Voilà une Indienne qui tranche singulièrement avec les autres. 
Sorte de custom roadster, l'Indian Scout joue la carte de la séduction avec un style plus consensuel et surtout un prix plus abordable et un moteur explosif...


Custom, cruiser ou roadster US vivant

Lancée en 1920, l'Indian Scout s'est notamment fait connaître en défiant le mur de la mort dès 1928.
Indian a donc repris les codes de son histoire pour relancer le modèle quasiment 
un siècle plus tard, tant au niveau de ses caractéristiques d'alors (performances
 et puissance) qu'au niveau de ses défis en lui faisant à nouveau franchir le mur 
de la mort pour son lancement à Sturgis. Le résultat est là avec une machine de 
100 chevaux presque aussi svelte que son ancêtre mais avec tous les apports de 
la technologie moderne pour une machine qui se veut désormais être le fer de 
lance de la marque, notamment au niveau des femmes. Pari réussi ? Essai...
Indian Scout au Ranch









les essais de MOTOMAG





Difficile tout d’abord de rester de marbre devant une telle ligne proche du style « leadsled » (luge de plomb) des berlines américaines rabaissées des années 50, qui semblaient ramper sur la route. Les 2 mètres 30 de la Scout et ses deux pneus ballons de 16 pouces n’y sont pas étrangers. On s’étonne aussi de son cadre en aluminium moulé, de ses amortisseurs quasi horizontaux et de l’esthétique moteur très soignée.
Timbre enjoué
On ne monte pas sur la Scout, on descend dessus, et la hauteur de selle convient à tous les gabarits. Dès sa mise en route, le twin en V à 60° émet un timbre enjoué sur un rythme clair bien différent du tempo décalé des Harley. On remarque aussi sa direction « tombante » aux angles de rue, et quelques à-coups d’injection au pas. Heureusement, le gros twin est souple et permet de rouler à bas régime sans hoquets.
Quand le rythme s’accélère, la partie-cycle est à la peine, surtout les médiocres suspensions sans le moindre amorti hydraulique, qui rebondissent au gré des déformations. Il faut donc composer en courbe, d’autant que la garde au sol est limitée et les pneus Kenda pas au top. Et c’est bien dommage, en rapport avec les prestations du moteur.
Ce dernier est en effet une vraie réussite. Il allie puissance et coffre (10 m.kg sous les 6.000 tr/min), propre à faire détaler à la moindre sollicitation ! Ce bloc Indian ferait presque passer celui des Harley Sportster pour un vulgaire diesel asthmatique… Comme quoi le modernisme a du bon - la boîte de vitesses est aussi agréable - même sur un custom vintage.
Verdict
Quelle bonne surprise ! L’Indian Scout n’est pas qu’un produit marketing mais une moto bien conçue, élégante, originale et au moteur plein de vie. Dommage que les ingénieurs aient négligé les suspensions. Une belle alternative au Sportster Forty Eight, si l’on fait fi des 1.249 € de surcoût (12.999 € contre 11.750 €) et de l’image Harley-Davidson…