jeudi 6 octobre 2011

Essai Harley-Davidson Switchback : Tourer transformiste

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Grande nouveauté Harley-Davidson 2012, la Switchback allie la base technique des Dyna au confort d'un Touring. Grâce à son ensemble sacoches/pare-brise amovible, cette moto se veut parmi les plus polyvalentes de la gamme. De la ville aux grands espaces, elle entend savoir tout faire et avec la manière, grâce au Twin Cam 103. Nous avons voulu vérifier ces aptitudes et parfois, trois avis valent mieux qu'un.

Sur nationale et départementale, la Switchback fait preuve d'un bon confort de selle et de suspensions. Malgré leur faible débattement, selle au ras du bitume oblige, les amortisseurs s'enfoncent et se détendent de façon progressive. Le freinage, convaincant, se dote d'un ABS assez transparent : un bon point. On se plaît alors à jouer avec le moteur, pièce maîtresse de cette Dyna. Les concepteurs ont eu la bonne idée de lui greffer le Twin Cam A 103. Souple, il accepte de redescendre à 1 600 tr/min sans rechigner et pulse sympathiquement entre 1800 tr/min et 2 500 tr/min, pile à des vitesses usuelles sur route, entre 70 km/h et 120 km/h...

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Essais moto

Harley Davidson Switchback :

Plus tout à fait une Dyna, 

pas vraiment une Electra

Si l'offre du constructeur américain semble à première vue pléthorique, elle ne s'articule  qu'autour de cinq familles de modèles: les Sportster, Dyna, Softail, Touring et V-Rod. Au sein de ces familles se déclinent chaque fois une demi-douzaine de variantes (hormis pour la V-Rod), certaines beaucoup plus (ou moins!) réussies que d'autres. La famille Dyna se caractérise par un châssis compact (pour une Harley s'entend!), mais qui accueille le big twin, 103ci (1690cc) pour la Switchback, les autres Dyna se contentant du 96ci (1584cc). Résultat: la "patate" des big twin dans un châssis plus léger et plus maniable. Nous gardons un souvenir ému de la Dyna Sport, qui allait droit à l'essentiel, avec un style dépouillé et une géométrie proche des préoccupations européennes, hélas disparue du catalogue.
Grand écart
La Switchback, apparue cette année, tente le grand écart entre le caractère propre des Dyna et l'appel au voyage de la gamme Touring. Au niveau du style, la Switchback emprunte un relatif dépouillement à la Street Glide, mais une nacelle de phare et un pare-brise puisant son inspiration auprès de la Roadking Classic. On a vu pire comme références, et le résultat est plutôt réussi et équilibré. Le noir de notre moto d'essai, fort sévère, manque un peu d'attrait et ne lui rend guère justice. Les roues, de toute beauté, s'inspirent des célèbres jantes American Racing (la Mustang, dans Bullitt!). On adore! En plus, d'une facilité extrême à nettoyer… La monte Harley Davidson Switchbackchoisie reste raisonnable, avec un 130/70X18 pour l'avant et un 160/70X17 pour l'arrière. Restons au niveau des roues pour noter que le freinage (avec ABS) se contente d'un disque à l'avant.
Look Touring ou Custom?
Pour ressembler à une Touring, la Switchback s'affuble de garde-boues très enveloppants, de deux valises rigides, mais ne possède qu'une sortie d'échappement, à droite. De quoi ramener une motte de beurre frais dans la valise gauche, si vous vous promenez du côté d'Echiré! Sur la balance, la Switchback est donnée pour 330kg, rendant près de 40kg à ses grandes sœurs "Touring". Le gros argument de vente de la Dyna Switchback est sa proposition "deux-en-un". Avec cette moto, vous avez une Touring apte au voyage avec ses valises et son pare-brise. Vous avez aussi un custom très désirable en moins de deux minutes, le temps de déposer le pare-brise et les valises. Le pare-brise se clipse sur quatre supports très discrètement fixés de part et d'autre du phare, en haut de la fourche, tandis que les valises laissent apparaître, une fois ouvertes, un bouton qu'il suffit de tourner d'un quart de tour pour "glisser" les valises hors de leurs supports, trois petits ergots discrètement placés sur les sabres retenant le garde-boue et au bas de ce dernier.
La limite
Enfantin à manipuler, mais les valises n'offrent qu'une contenance dérisoire et aucune poignée ne permet de les porter aisément, n'espérez pas les trimballer avec vous arrivés à l'étape. L'invitation au voyage commence àHarley Davidson Switchbackavouer ses limites avec la faible contenance des valises, ça se confirme avec le pare-brise qui occasionne de solides remous au niveau du casque dès que le rythme s'accélère. Comme un malheur ne vient jamais seul, les repose-pieds rejetés en avant et le guidon mini Ape-Hanger mettent votre fessier à la torture. Les pieds en avant se battent contre la pression du vent et n'offrent aucun appui pour soulager le poids du corps. On fatigue vite au guidon de la Switchback, même si la situation s'améliore un peu à basse vitesse. Restons dans les critiques avec le levier de vitesses à une branche seulement, on se demande bien pourquoi, et les commandes au guidon avec des poignées toujours aussi épaisses et nanties de leviers non réglables. Mesdames, comment faites vous pour rouler en Harley?! Encore une critique? Le freinage, typiquement Harley lui aussi, nous laisse un peu sur notre faim, avec un manque de mordant criant, un ABS aux interventions peu discrètes…
Le feeling
Bon, assez craché dans la soupe, venons en aux points positifs. Le big block distille son lot de vibrations, filtrées juste ce qu'il faut par le montage sur silent-blocs. Son couple de 126 Nm fait merveille et donne le tempo d'une conduite coulée et détendue, tellement agréable à l'usage. De toutes façons, les freins et la garde au sol ne donnent guère envie d'attaquer, alors que le châssis offre un comportement sans reproche, alliant une tenue de cap rigoureuse à une maniabilité bienvenue. Cette belle machine ne possède toutefois ni le charme ni l'agrément de ses grandes sœurs, bien plus convaincantes pour jouer les Grands Tourisme. 
Relative polyvalence, caractère moteur, comportement routier

Garde au sol réduite, position de conduite perfectible, remous générés par le pare-brise
Texte : Wouters Bruno
Photo(s) : Wouters Bruno